L’Autre c’est moi : “Colonial drag”, l’identité, et le cosmopolitisme dans l’Afrique du Nord et la France coloniales et postcoloniales
The Other Is Me: Colonial Drag, Identity, and Cosmopolitanism in Colonial and Postcolonial North Africa and France
Partenaires
MESOPOLHIS
Dates
Vendredi 25 octobre 2024, 14h-16h
Lieu
salle Paul-Albert Février, MMSH
Nature de la manifestation
Conférence
Résumé
Il semble paradoxal que le travestisme de race et de genre ait constitué une réalité importante dans l’empire français et dans l’Afrique du Nord coloniale, car les empires français et britannique étaient fondés sur la séparation entre colonisateur et colonisé. Les explorateurs, soldats et missionnaires français se déguisaient pour se faire passer pour des autochtones ; le public français se délectait à entrer dans des fantasmes théâtraux, littéraires, de voyage et commerciaux en se faisant des « Orientaux » ; des Arabes, des Juifs, des Françaises et d’autres individus ont franchi les barrières raciales et sexuelles pour créer de nouvelles personnalités et vivre de nouvelles vies dans la France métropolitaine et dans l’Afrique du Nord coloniale. À l’ère postcoloniale, ce sont les artistes nord-africains qui jouent avec les genres et les langages multiples. L’artiste marocaine/française/newyorkaise « Lalla Essaydi », (« Madame Monsieur »), déploie les langages visuels masculins (et coloniaux) ; dans son stand-up de 2005 « L’Autre c’est moi », Gad Elmaleh se déguise en sa propre grand-mère.
La critique littéraire Marjorie Garber a soutenu que les travestis sont « le lieu de la crise des catégories », ainsi, la société coloniale doit produire un défi à ses propres prémisses. Mais c’est l’individu qui agit. Que devient possible pour une personne travestie ? Quelles vérités puis-je dire en tant que Moi et Non-moi, ou « Moi le moi stratifié » ? Dans ce projet, nous essayons de définir l’idée de « colonial drag » français, et de déterminer s’il s’agit d’une étape sur le chemin de la construction identitaire qui englobe la contradiction, un moi cosmopolite. S’appuyant sur des archives militaires françaises, des archives coloniales, de l’anthropologie, des expositions, de l’art, du théâtre, de l’opéra, du cirque, des films, de la culture populaire, des papiers privés, de la photographie et des musées, ce projet explore l’histoire de cette idée, « L’autre c’est moi ». Cette histoire pourrait offrir une troisième voie analytique, entre les identités polarisées et les nationalismes exclusifs de notre époque
Programme
- Intervenante : Ellen Amster, MacMaster University, Départements de Médecine familiale et d’Études religieuses.
Moyen de partage à distance
Zoom (voir contact)
Nom de l’organisateur
Benoît Pouget et Théo Borel (MESOPOLHIS)
Contact
Partners
MESOPOLHIS
Dates
Friday, October 25, 2024, 2pm-4pm
Place
Room Paul-Albert Février, MMSH
Type of scientific activity
Lecture
Abstract
It seems paradoxical that race and gender transvestism should have been an important reality in the French empire and colonial North Africa, since the French and British empires were founded on the separation between colonizer and colonized. French explorers, soldiers and missionaries disguised themselves as natives; French audiences delighted in entering into theatrical, literary, travel and commercial fantasies by making themselves “Orientals”; Arabs, Jews, French women and other individuals crossed racial and gender barriers to create new personas and live new lives in metropolitan France and colonial North Africa. In the postcolonial era, North African artists play with multiple genders and languages. The Moroccan/French/New York artist “Lalla Essaydi”, (“Madame Monsieur”), unfolds masculine (and colonial) visual languages; in his 2005 stand-up “L’Autre c’est moi”, Gad Elmaleh disguises himself as his own grandmother.
Literary critic Marjorie Garber has argued that transvestites are “the site of category crisis”, so colonial society must produce a challenge to its own premises. But it’s the individual who acts. What becomes possible for a transvestite? What truths can I speak as Me and Not-Me, or “Me the stratified self”? In this project, we attempt to define the idea of the French “colonial drag”, and determine whether it is a step on the road to identity construction that embraces contradiction, a cosmopolitan self. Drawing on French military archives, colonial archives, anthropology, exhibitions, art, theater, opera, circus, film, popular culture, private papers, photography and museums, this project explores the history of this idea, “L’autre c’est moi”. This history could offer an analytical third way, between the polarized identities and exclusive nationalisms of our time.
Programme
- Speaker: Ellen Amster, MacMaster University, Departments of Family Medicine and Religious Studies.
Remote sharing
Zoom (see contact)
Organizer’s name
Benoît Pouget et Théo Borel (MESOPOLHIS)
Contacts
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Annabelle Gallin (11 octobre 2024). L’Autre c’est moi : “Colonial drag”, l’identité, et le cosmopolitisme dans l’Afrique du Nord et la France coloniales et postcoloniales. GLOBALMED. Consulté le 11 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12gdj



